Tradition runique

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Le mot « rune » se traduit simplement par « secret » ou « secret chuchoté ». Une rune est un secret et n’importe quel secret peut être appelé rune. Quand les mythes parlent des runes, ils ne se réfèrent jamais aux symboles runiques, ceux que nous connaissons sous le nom de Futhark (d’après les 6 premières lettres qui le composent).

Ils utilisaient des symboles gravés sur des morceaux de bois pour prendre des décisions et c’était une façon très pratique de prendre une décision : ils le faisaient par tirage au sort. Un homme qui fait confiance à sa Hamingja peut sans crainte laisser la chance décider. Dans « La Germanie », Tacite dit que : « Leur manière de tirer au sort est toujours la même. Ils coupent une branche de noisetier et la découpent en lamelles. Ils inscrivent un signe sur chaque lamelle et ils les lancent au hasard sur un linge blanc. Ensuite le célébrant officiel, s’il s’agit d’une consultation publique, ou le père de famille s’il s’agit d’une consultation privée, adresse une prière aux Divinités. En regardant en l’air il tire trois lamelles au hasard et il lit la signification de son tirage d’après les signes gravés sur ces lamelles. Si le résultat interdit l’action au sujet de laquelle le tirage a eu lieu, il n’en est plus question ce jour-là. Si cette action est autorisée, une confirmation par les auspices est requise »

C’était une manière de laisser la chance décider quand un homme lui-même n’était pas sûr de ce qu’il devait faire ou ce qui était bon ou juste ou lorsqu’il y avait un désaccord et que les intervenants voulaient une tierce opinion vraiment objective. Nous continuons à faire de même, la plupart du temps en tirant à pile ou face.

Les runes, en tant que symboles de puissance, étaient gravées sur les lames des épées ainsi que d’autres objets, mais cela n’était pas quelque chose de spécial en relation avec les symboles runiques. N’importe quel symbole ou inscription ou pétroglyphe ou hiéroglyphe ou quoique ce soit de ce genre aurait pu être utilisé pour le même effet. La seule chose qui importait était le symbolisme.

Une balle de fronde grecque avec un éclair ailé sur une face et l’inscription DEXAI (« prends ça » ou « attrapes ») sur l’autre face, datant du 4ème siècle avant JC :

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Le symbolisme des runes nous est assez bien connu, mais jusqu’à Sorcery and Religion in Ancient Scandinavia” personne n’avait connecté les runes aux divinités du panthéon Scandinave de manière logique (ou en fait aux strophes des chants sacrés).

Le Futhark

En étudiant le Futhark, vous pouvez aussi assez rapidement voir le rituel européen le plus important, le rite de passage, décrit dans le premier groupe de huit runes. Le silence (Auðhumbla) brisé par le son du Gjallarhorn (Ymir), le gui (Bölþorn) escorté par une personne jouant Ôðinn, le voyage/la course (Þôrr/Loki) dans le noir du tertre funéraire (Svartr), les objets reçus en cadeau du lit sous l’arbre sacré (Heimdallr) et la joie et la beauté de l’homme qui y parvient. Le nouveau groupe de huit explique comment l’homme est changé ( Ægir) à cause du rite de passage (il a désormais une Hamingja) et, nu, il souffre de la faim et du froid quand il sort de la grotte au milieu de l’automne (les Nornes et Hel), mais il est ensuite encouragé (par Freyja) à participer à la chasse sauvage pour les esprits de l’hiver (Höðr) et va (comme Vâli) à travers la forêt pour les trouver. Il volera leur santé (et devient un ulfheiðinn ou un berserkr) et (comme Vîðarr) vengera la mort des esprits de l’été et les bannira en utilisant le feu (Sôl). Le nouveau groupe de huit explique comment ils combattent au Ragnarök, la guerre entre les esprits de l’été et de l’hiver (Tyt), dans la forêt de bouleaux (Jörð), à pied ou à cheval (Mâni) à travers la forêt, l’homme (Bôrr) fait fondre l’eau (Bôrr) alors que le printemps arrive et que les fleurs commencent à éclore (Freyr) et le monde devient plus clair et plus chaud (Baldr) et finalement tout revient à la normale (Âsgarðr).

C’est ainsi qu’ils pouvaient voir « l’avenir » en utilisant les runes. Tout cela avait lieu chaque année, de même que l’année suivante. La « divination » des temps modernes par l’utilisation des runes, tout comme les cartes de tarot ou quoi, est, de mon point de vue, très douteuse – et est certainement un phénomène moderne. Les runes étaient utilisées pour tirer au sort, bien sûr, mais pas pour faire des prophéties sans lien avec le destin, et pour ce qui est du destin, je pense que l’interprétation de Olive Bray dans «  the Elder or Poetic Edda » est très bonne (page VIII) : « Dans la mythologie germanique, la destinée n’est pas un destin qui se venge sur l’individu et qui peut être vu comme s’interposant dans la bonne fortune des hommes : c’est une force du monde libérée par les premiers êtres nés, les Jotuns, et qui s’écoule librement dans la vie de l’univers. Elle ne connaît aucune loi si ce n’est celle des conséquences et n’obéit à aucune impulsion à part celle de la nature. »

Je peux donc, par exemple, prévoir qu’un caillou que je jette fort droit devant atterrira quelque part en face de moi et je peux faire des suppositions (comme par exemple dire que l’Iran attaquera probablement Israël à un moment donné dans le futur), mais toute prophétie au-delà ne sont que des suppositions folles et rattachées à rien de réel – et vous ne pouvez pas utiliser les runes d’une quelconque façon pour changer cela.

Les Nornes qui façonnent la vie des hommes habitent à côté du puits de Mîmir, le tertre funéraire, où l’homme reçoit sa Hamingja et la « toile » qu’elles tissent est basée sur ce qui s’est passé, sur ses vies précédentes. Ce qui sera vient de ce qui a été. Urðr (« honneur », « estime »), Verðandi (« qui vient ») et Skuld (« culpabilité ») sont le passé, ce qui est maintenant à cause du passé et ce qui arrivera à cause du passé. Elles ne connaissent pas l’avenir, elles ne peuvent que dire ce qui a été.

Quand il s’agit d’excentriques qui commencent à utiliser les runes comme modèle pour des sortes d’exercices de Yoga ou comme objet d’intérêt pour leur méditation, ça ne me pose pas de problème, mais cela n’a rien à voir avec la tradition runique de nos ancêtres. Nous devrions remettre nos pieds sur terre en ce qui concerne les runes et réaliser qu’elles ne sont que des symboles comme les autres et elles nous sont très utiles pour notre compréhension de nos ancêtres et de leur religion, mais elles n’ont rien de « magique » que nous ne puissions aussi trouver dans les autres symboles européens. Nous devrions les apprécier pour ce qu’elles sont, des symboles des différentes puissances de notre univers et en être satisfait. Je serais heureux de graver trois runes de Tyr sur mon épée pour leur effet symbolique, mais je pourrais tout aussi bien avoir gravé d’autres symboles sympas comme un éclair, un mot entier (« Meurs ! » ou peut-être « Saignes ! ») ou peut-être un image du soleil pour infliger de brûlantes blessures à mes ennemis…

Ek

Ek WargaR

Nous ne sommes pas de superstitieux judéo-chrétiens ayant peur de tout ce que la vie peut nous offrir. Nous ne sommes pas des imbéciles. Nous ne sommes pas aveugles ou sourds. Nous pouvons apprécier le véritable effet du symbolisme (la véritable sorcellerie !) et nous réjouir de la beauté esthétique des runes aussi bien que de leur connexion à nos honorables ancêtres, mais nous devons le fait avec nos deux pieds sur terre. HailaR WôðanaR !

1. Ek wargaR skanþinawio warga haite (« Moi, un hors la loi de Scandinavie appelé Varg »)

 Traduit en Français par G.P

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