Les pommes de l’éternelle jeunesse

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La déesse Îðunn et son panier de pommes sont une énigme non résolue par les chercheurs. Son nom est souvent traduit par « la régénératrice » ou « toujours jeune », mais ce n’est pas une traduction exacte de son nom mais plutôt une interprétation de ce qu’elle fait. Son nom norrois Îðunn, du proto-Nordique *Îþund, du PIE *Eduno, se traduit par « laborieuse », « industrieuse », « celle qui veut travailler » et elle est connue dans d’autres régions d’Europe comme Prospérine (Rome), Epona (Gaule), Kostroma (Scythie) et Perséphone (Grèce).

Îðunn & Bragi par Blommér :
403px-Idunn_and_Bragi_by_Blommer

Tout comme son mari Baldr est en Scandinavie aussi connu sous le nom de Bragi, elle est aussi connue comme étant Nanna, qui signifie à peu près la même chose que le nom Îðunn. Norrois Nanna, proto-Nordique *Nanþan qui se traduit par « zèle », « débrouillarde » et « hâte ».

Quand vous regardez cela à la lumière de comment la reine de Mai était sélectionnée, vous commencez à comprendre ce qu’elle est et pourquoi elle est pourvue des pommes d’éternelle jeunesse. Comme nous pouvons nous en souvenir, les filles étaient éligibles au rôle de reine de Mai en fonction, entre autres, de leur volonté de travailler, leur ardeur au travail, leur assiduité et ainsi de suite.

Baldr (« balle ») est connu sous le nom de Bragi (« le gagnant », « le meilleur ») car il est le gagnant des épreuves de Mai. Sa femme est alors naturellement Îðunn/Nanna, la plus industrieuse des jeunes filles, choisie au hasard ou lorsque Baldr lui tendit une pomme. Comme nous le savons par le mythe de Paris, elle est aussi connue sous les noms de Freyja/Aphrodite, mais cela ne doit pas vous désappointer. Ce ne sont que des noms différents pour la même déesse.

Or Îðunn n’est pas connue pour avoir reçu une pomme mais pour distribuer des pommes elle-même à toutes les autres divinités, ce qui les conserve éternellement jeunes. Après qu’elle ait reçu une pomme ou ait été choisie au hasard, elle – la jeune et belle reine de Mai, l’incarnation de la jeunesse et de la beauté de la nature – était chargée de nommer de nouveaux dieux et déesses chaque année, dès qu’un dieu ou une déesse n’était plus jeune, en bonne santé ou assez beau pour être un dieu ou une déesse. Les dieux étaient de vrais êtres-humains qui avaient été sélectionnés pour devenir telle ou telle divinité et le rôle de telle ou telle divinité leur était donné par la reine de Mai qui leur tendait une pomme pour les nommer « dieu » ou « déesse ». C’est comme cela que ses pommes pouvaient garder les divinités éternellement jeunes ! Les divinités plus assez jeunes, en bonne santé et belles redevenaient des êtres-humains normaux et les êtres-humains normaux devenaient des divinités en recevant une pomme chacun de la reine de Mai, Îðunn.

Dans chaque société, dans chaque tribu, il n’y avait qu’un Ôðinn, un Þôrr, et cetera et cela était naturellement considéré comme un grand honneur de devenir une telle divinité – et chaque homme et femme mariés devenaient aussi un Freyr et une Freyja. Leurs prêtres et prêtresses mariaient les membres de leur « congrégation » par des mariages sacrés et ils passaient sous la protection de leur divinité. Chaque année, ils organisaient des concours entre eux pour voir lequel serait le meilleur pour être le dieu ou la déesse. Le gagnant se voyait remettre une pomme par Îðunn. Les épreuves favorisaient la santé, la jeunesse et la beauté, de sorte que ceux qui ne les avaient pas ne devenaient pas des divinités ou n’étaient pas autorisés à rester des divinités. Les divinités étaient toujours jeunes, belles et en pleine santé. Elles étaient toujours les meilleurs d’entre eux.

Les demi-dieux, les héros et héroïnes décris dans la mythologie grecque, étaient les hommes et les femmes déjà mariés à une divinité (ils étaient donc des demi-dieux), mais qui devaient passer par des tests rigoureux pour leur permettre d’en devenir une eux-mêmes (et prendre le rôle de la divinité à une autre personne).

Le roi de Mai était le vrai roi de la tribu et la reine de Mais la vraie reine et, à l’origine, ils représentaient tous les dieux et toutes les déesses. Le roi était le dieu du ciel, la reine la déesse de la Terre. Avec le temps, cela changea et différents aspects de l’unique dieu du ciel et de l’unique déesse de la Terre furent individuellement incarnés. Le puissant dieu du ciel, norrois Tyr, du plus jeune proto-Nordique *TîwaR, du plus ancien proto-Nordique *Tîwaz, du PIE *Diwos, est mieux connu de nous par le vieux latin Divus et latin Deus. Ou du sanskrit Dêva, gallois Duw, gaulois « Great Father », Scythe Rod/Div, lithuanien Diêvas, grecque Zevs/Uranos et cetera. Donc, nous apprenons en Scandinavie que Tyr était le roi des dieux, mais qu’à l’époque viking il avait été « remplacé » par Ôðinn. Il ne l’a pas vraiment été. C’est juste cette part Ôðinnique de lui qui est devenue plus importante dans la société à cette époque difficile.

Certaines tribus européennes divisèrent les puissances de Tyr en de nombreux, d’autres en peu, de dieux différents. Il en est de même pour la déesse de la Terre, norrois Jörð, proto-Nordique Erþo, grecque Demeter/Hera/Kybele, scythe Matushka/Vesna, européen occidental Danu-Ana/«The Lady», romain Juno, et cetera. Quand différentes tribus européennes vinrent plus tard au contact les unes des autres, les divinités souvent identiques étaient généralement incorporées dans le panthéon des deux tribus car elles les appelaient par des noms différents et deux tribus se retrouvaient par exemple avec deux déesses de la lune. D’autres fois, une divinité pouvait disparaître d’un panthéon. Rien de tout cela n’importait vraiment. Toutes les divinités étaient simplement différents aspects du même concept d’une force spirituelle positive de notre univers qui est à la fois masculine et féminine. Les différents aspects de cette force se trouvent dans le soleil et la lune, les étoiles et les constellations, dans la réflexion de la lumière des planètes et aussi dans tout le reste dans notre monde.

En vous.

Une ménade, par John Reinhard Weguelin;

John_Reinhard_Weguelin_–_A_Bacchante

 

Traduit en Français par G.P

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2 réflexions sur “Les pommes de l’éternelle jeunesse

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